30.12.2006
Les autres hommes - MANDAN

Cette étrange affaire se passa dans la tribu des Mandan, à la Lune-de-la-Belle-Saison, en cette deuxième partie du jour où le soleil se couche derrière la haute montagne.
Tout laissait croire que cette journée serait semblable aux autres quand soudain les chiens se prirent à hurler. Un guetteur arriva et se mit à crier :
- Voici le Seul-Homme ! Il vient par la grande plaine !
Des hurlements fusèrent de partout et chacun se prépara comme pour un combat. Les chiens furent muselés et les poneys parqués dans les enclos. Les guerriers saisirent leur arc et leurs flèches et se postèrent sur une ligne en direction du soleil couchant. Les femmes, les enfants et les vieillards grimpèrent sur le toit des cabanes pour assister à la rencontre, afin de mieux la commenter plus tard.
À l'extrémité de la plaine, là où l'herbe se couche sous le vent, apparut un être extraordinaire. À n'en pas douter, il s'agissait d'un homme, mais il ne ressemblait en rien aux Mandan. Bien qu'il courût sur ses deux jambes comme les autres Indiens, son corps à peu près nu, entièrement recouvert d'argile, laissait croire qu'il avait la peau blanche. Sur la tête, il portait deux dépouilles de corbeaux, et quatre peaux de loups blancs pendaient sur ses épaules.
Bientôt, cette créature franchit les limites du camp et se dirigea vers la cabane centrale.
Le chef de la tribu en sortit et lui demanda :
- Qui es-tu donc pour avoir cette apparence, ne vois-tu pas que tu effraies les chiens, les chevaux et les enfants ?
La créature répondit : - Je suis Nu-Mohk-Muck-a-Nah, le Seul-Homme ! je vous apporte la Nouvelle.
Rassurés, les femmes et les vieillards descendirent des toits des habitations. Tous s'approchèrent. Tous voulurent toucher le Seul-Homme afin d'imprégner leurs doigts de l'argile qui recouvrait sa peau, car ils savaient qu'il s'agissait d'une substance sacrée. Le Seul-Homme ne parlait pas le langage des Mandan, cependant chacun le comprenait tant les sons sortant de sa bouche étaient mélodieux.
Le sorcier voulut l'inviter sous sa hutte. Mais le Seul-Homme prit un air dégoûté et décréta :
- Je suis une créature habituée à plus de confort. Il m'est impossible de m'asseoir en un tel lieu. Cette cabane sent mauvais et le sol en est si dur que mon derrière en deviendrait calleux.
- Qu'importe, décida le sorcier, nous allons nettoyer cet abri en ton honneur et le rendre plus vivable. Le sorcier appela ses femmes.
Celles-ci réunirent des branches de saule et balayèrent. Puis, elles répandirent des fougères sur le sol et tapissèrent les murs de plantes aromatiques.
Après avoir minutieusement inspecté les lieux, le sorcier interrogea :
- Es-tu enfin satisfait ou veux-tu que nous te bâtissions une autre maison ? - Celle-ci conviendra, dit le Seul-Homme. Et il entra sous la hutte du sorcier.
Le Seul-Homme fuma trois pipes. Lorsque le tabac de la dernière fut entièrement consumé, il décida :
- Je peux maintenant procéder à la Grande-Médecine. Amassez des crânes d'hommes et de bisons sur la place du village. Allumez aussi un feu avec des branches de chêne ; cependant, je vais aller faire un tour, car je ne puis assister à ces vils préparatifs.
Ce travail dura toute la nuit, tandis que le Seul-Homme se rendait de hutte en hutte. Devant chacune d'elles, il appelait les occupants, qui sortaient et lui demandaient : - Que veux-tu, toi, l'étranger, qui as une si bizarre couleur de peau ? Es-tu fou pour importuner les gens de ce village en pleine nuit ? Tu épouvantes nos jeunes et tu inquiètes nos chiens et nos poneys.
À tous, le Seul-Homme répondit :
- Une terrible catastrophe a eu lieu de l'autre côté de la montagne. Il a plu si abondamment que l'eau a recouvert la terre. Je suis le seul homme sauvé du déluge. Une grenouille m'avait prévenu du cataclysme et m'avait engagé à construire un grand canoë. Grâce à cette embarcation j'ai pu venir jusqu'ici. Sortez vite de vos cabanes et offrez-moi un outil aiguisé. Il sera sacrifié à l'eau. C'est avec un objet tranchant que j'ai creusé le grand canoë.
Toute la nuit, les Mandan réunirent couteaux, haches et lances, et les déposèrent dans la hutte du sorcier. Le soir, la cabane était si encombrée que le sorcier dut aller se réfugier chez sa troisième femme. Heureusement, elle vivait chez des parents qui avaient une maison à l'orée du village.
À la fin de cette fameuse nuit, personne n'aurait pu dire où avait dormi le Seul-Homme. La veille, dès la tombée du soir, chacun avait rentré ses chiens et ses chevaux à l'intérieur de sa cabane et s'était barricadé. Un animal ayant passé la nuit dehors aurait pu apprendre à un être humain où avait reposé le Seul-Homme.
Au matin, le personnage extraordinaire plaça les Mandan en cercle autour de lui et leur dit :
- J'espère que personne n'a omis de placer un outil tranchant dans la hutte du sorcier. Si un seul d'entre vous ne l'a pas fait, le déluge franchira le sommet de la montagne, l'eau inondera entièrement cette contrée et aucun de vous n'en réchappera.
Les Indiens s'écrièrent qu'aucun d'eux n'avait péché par avarice. - Dans ce cas, vous ne risquez rien et c'est bien ainsi, conclut le Seul-Homme. Puis, il exhiba un rameau et le tendit au sorcier. - Cette branche d'olivier vous rappellera mes paroles. Je l'ai cueillie de l'autre côté de la montagne avant la montée des eaux. Le sorcier rangea précieusement la plante-médecine sous sa hutte. Le Seul-Homme dit encore :
- Il me faut partir maintenant. Placez sur mon dos les armes destinées à l'offrande. Je dois aller au plus vite les jeter dans la mer pour apaiser les éléments. Le tas était impressionnant. Une lune fut nécessaire afin de fixer solidement le chargement.
À la fin du dernier jour, il ne resta plus aucun objet aiguisé dans la hutte du sorcier. Le Seul-Homme portait sur ses épaules le poids de trois bisons. Mais la créature à la peau recouverte d'argile était très résistante : dans ses veines coulait la sève du séquoia géant ! - Tout est-il bien en place ? demanda-t-il une dernière fois. Je ne dois absolument rien perdre en route.
Le sorcier affirma que chaque objet était parfaitement arrimé.
- C'est bon ! dit alors le Seul-Homme. Et, de sa longue et souple foulée, il s'éloigna.
Lorsqu'il ne fut plus qu'un petit point à l'horizon, le sorcier déclara :
- Mes frères, la fête est terminée. Nous la renouvellerons tous les ans à pareille époque pour commémorer le passage du Seul-Homme dans notre tribu. Depuis, l'événement est devenu une grande cérémonie qui donne lieu à de fastueuses réjouissances. Car aucun des Indiens n'avait menti. Tous avaient participé à l'offrande et jamais le déluge ne s'abattit sur la contrée.
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28.09.2006
LES ANIMAUX SACRES

Le Merle
représente l'appel intérieur, celui qui nous engage à suivre un chemin spirituel. Il nous indique les voies à suivre pour en apprendre davantage sur les potentiels et les motivations cachés en nous.
La Biche
apporte la Douceur et la Grâce du principe féminin. Elle nous invite à dépasser l'élément matériel et superficiel de la vie et à discerner le coeur des choses et les causes plutôt que les effets.
Le Cerf
signifie la Fierté, l'Indépendance. Il nous apporte la grâce, la majesté et l'intégrité ; il peut nous aider à renforcer notre sentiment de dignité et d'assurance.
L'Ours
symbolise la Force primordiale, la Souveraineté. Il nous relie à notre instinct, qui nous aide à découvrir notre puissance en associant force et intuition.
Le Renard
représente la Diplomatie, la Ruse. Grâce à lui, vous saurez à quel moment sortir au grand jour et vous faire entendre, et à quel moment vous taire et garder vos idées secrètes.
Le Sanglier
développe l'Esprit guerrier, l'Idée directrice. Il nous appelle dans la forêt pour nous révéler un secret sur nous-mêmes et le monde. Il symbolise la vie sauvage et la force indomptable présente en chacun de nous. Sa force primitive nous rend apte au commandement.
Le Faucon
apporte la Noblesse, la Purification. Il permet de voir notre vie sous son véritable aspect, de nous libérer des fardeaux inutiles et de renouer avec nos racines ancestrales. Lorsque l'on sait d'où l'on vient et où l'on va, l'inspiration et l'enthousiasme remplissent notre vie.
Le Chien
signifie les Conseils, la Loyauté. Il nous guide et nous protège tout au long de cette vie. Il apporte l'aide nécessaire pour défendre nos valeurs et les choses qui nous sont sacrées.
La Chouette
représente le Détachement, le Changement. Elle nous enseigne la sagesse de transformer nos points faibles en points forts.
Le Chat
signifie la Surveillance, la Sensualité. Il nous permet d'observer une situation avec calme et sans idée préconçue avant de prendre une décision. Il nous rappelle que nous avons le droit de choisir à quel moment et de quelle manière résoudre nos problèmes. Il fait preuve d'une très grande sensualité, et prouve par là que la conscience et la sensibilité sont les facettes d'une même réalité.
La Grue
apporte la Connaissance secrète, la Longévité. Elle peut rester des heures à observer les profondeurs de l'eau, jusqu'au moment où elle pique sa proie. Elle sait aussi se concentrer sans se laisser distraire, ce qui la rend apte à nous guider dans nos voyages d'exploration intérieure.
La Grenouille
symbolise la Sensibilité, la Beauté. Elle apporte la guérison et le bonheur, chantant et bondissant pour nous conduire à la source sacrée qui abreuve et régénère. Elle nous aidera à sentir avec tout notre être la présence des autres, les sons et les voies de guérison, à chercher la beauté et la magie que cachent les apparences.
Le Corbeau
offre la Guérison, l'Initiation. Il est le signe que quelque chose meurt en donnant naissance à quelque chose de nouveau. Grâce à lui, nous pouvons atteindre une guérison profonde en pratiquant "la réconciliation des contraires" pour résoudre les conflits enfouis dans notre inconscient ou issus de notre passé
Le Cygne
apporte les qualités de l'Ame : l'amour, la profondeur, la grâce et la beauté. C'est l'oiseau du seuil, celui qui sépare notre monde de l'Au-delà. Il représente notre capacité à voyager de l'un à l'autre
Le Loup
symbolise l'Intuition, l'Apprentissage. Il apporte un profond sentiment de fidélité, de force intérieure et d'intuition. Il montre la voie des apprentissages. Apprenez à connaître votre moi le plus profond et vous bénéficierez toujours de courage et d'une présence spirituelle, même dans l'obscurité la plus complète.
Le Serpent
représente la Transformation, l'Energie vitale. Il symbolise nos morts et nos renaissances successives, ainsi que l'énergie sexuelle. Avec lui, votre vie sera empreinte de grâce et de magie.
L'Aigle
signifie l'Intelligence, le Courage. Il aide à prendre du recul pour analyser notre vie. Il offre l'objectivité et la clarté d'esprit nécessaires aux prises de décisions et à la recherche des priorités.
La Truie
développe la Générosité, la Découverte. Les nombreuses portées de la Truie symbolisent l'abondance et la fertilité. Elle rappelle que la vie est généreuse, donnant à tous et régénérant constamment les choses et les êtres, et qu'il nous faut apprécier les beautés et les plaisirs de la vie.
Le Taureau
relie à la Richesse, les Bienfaits. Il représente la fertilité, la puissance, l'abondance et la prospérité, et aide à persévérer pour atteindre notre but si les circonstances s'acharnent contre nous. Il nous donne l'énergie nécessaire pour surmonter physiquement ou moralement les problèmes qui s'accumulent
L'Oie
appelle à la Vigilance, la Puissance créatrice. Très attachée à sa famille, à son environnement stable, mais capable aussi de voler à une altitude extraordinaire d'un continent à l'autre, l'Oie montre qu'il est possible d'associer les aspirations matérielles, et spirituelles dans nos vies quotidiennes.
Le Bélier
signifie la Percée, la Réussite. Il donne la possibilité d'une percée, l'énergie permettant de pénétrer, de surmonter et de réussir. Il représente aussi l'enracinement, le lien, l'équilibre. Il nous aidera à trouver en nous la force de réussir, sans que le succès nous "fasse tourner la tête" ; il sait rester accroché au sol et nous rappeler aux réalités quotidiennes.
Le Lièvre
symbolise la Renaissance, l'Equilibre. C'est l'un des animaux qui se métamorphose le plus aisément. Il représente l'intuition, et apporte l'exaltation qui accompagne la renaissance et une grande fécondité. Il aide à surmonter les périodes de changement et à suivre les orientations de notre intuition.
Le Saumon
développe la Sagesse, le Rajeunissement. Il nous montre que pour trouver la sagesse, nous devons faire le bilan de notre vie et retourner consciemment vers nos origines, notre enfance et peut-être au-delà. Il nous rajeunira et nous donnera l'inspiration à condition que nos comportements ne fassent pas obstacle à ses dons. Il nous engage à rester ouverts et innocents, en abandonnant toute attitude d'entêtement.
L'Abeille
représente la Communauté, la Fête. Elle nous invite à célébrer les événements heureux, ou tout simplement l'existence mystérieuse et merveilleuse de la vie. Elle nous murmure qu'une vie harmonieuse en communauté existe.
La Loutre
appelle à la Joie, la Serviabilité. Elle nous invite à redevenir enfant, nous amuser et accepter le flot de la vie et des expériences. Avec elle, vous pouvez prendre le temps de vous reposer et d'oublier vos soucis quotidiens.
La Vache
relie à la Nourriture, à la Mère. Elle nous révèle la générosité, la force nourricière et régénératrice qui nous entoure. On la retrouve partout : chez nos amis, nos enfants, dans nos repas, nos rêves et dans la nature.
Le Cheval
signifie la Terre, le Voyage. Il apporte l'énergie et la vitesse, et règne sur le cycle complet de l'existence : la naissance, la mort, la vie dans l'au-delà et la renaissance.
Le Roitelet
représente l'Humilité, l'Ingéniosité. Il nous indique que la beauté habite les petites choses et que la réalisation de soi ne passe pas par les signes extérieurs de richesse, ni les démonstrations de force, mais par l'humilité, la gentillesse et la subtilité. Utilisée avec humour et assortie de bonnes intentions, l'ingéniosité est un bon moyen d'accomplir de grandes choses. Elle permet d'économiser ses efforts en employant rationnellement et honnêtement les résultats obtenus par d'autres.
Le Dragon de l'Eau
symbolise la Passion, la Profondeur. Il apporte à la surface tout ce qui se cache en dessous. Certains souvenirs et désirs, oubliés ou réprimés depuis très longtemps dans l'inconscient, peuvent sembler porteurs d'une force négative et destructive. Si l'on accepte d'en tenir compte, ils serviront à avancer sur le chemin spirituel et à garder l'équilibre.
Le Dragon de la Terre
apporte le Pouvoir, la Richesse. Il nous confronte à nos propres potentiels. Il nous apprend à utiliser nos talents et ressources, et nous montre les secrets de notre coeur. Nous décèlerons alors plus facilement la force et la beauté qui se cachent dans le coeur des autres.
Le Dragon de l'Air
développe l'Inspiration, la Vitalité. La rencontre entre la psyché, l'intellect et de Dragon de l'Air peut frapper comme la foudre. On doit la préparer avec soin et l'attendre avec respect. Il donne à notre esprit la perspicacité et la clarté, se manifestant parfois dans nos pensées et notre imagination comme une soudaine illumination.
Le Dragon du Feu
signifie la Transformation, la Maîtrise. Il apporte la vitalité, l'enthousiasme, le courage et l'énergie qui permettent d'affronter et de surmonter les obstacles et les problèmes de la vie quotidienne. Sa puissance aide à maîtriser le commandement et la connaissance. Il alimente avec soin le feu intérieur, aide à le canaliser et à l'utiliser avec précision pour accomplir les tâches et objectifs fixés.
Le Phoque représente l'Amour, le Dilemne. C'est l'appel de la mer, des profondeurs, de l'inconscient. Nous craignons cet appel car nous craignons de nous noyer dans les remous de nos sentiments. Acceptez de suivre votre inconscient, votre féminité, vos rêves et vos désirs. Ils transformeront votre vie, l'apaiseront et la rempliront d'amour.
13:49 Écrit par Grande Ourse dans Religion | Lien permanent | Commentaires (8) | Envoyer cette note |
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25.09.2006
L'histoire de Loup Blanc

L'histoire que je vais vous raconter remonte à la nuit des temps.
A cette époque, la terre était recouverte de vastes forêts sans fin, certaines étaient inextricables et les voyageurs égarés retrouvaient rarement leur chemin.
En ces temps là, les loups vivaient nombreux, ils formaient des clans très hiérarchisés, intelligents, forts et courageux, ils n'avaient d'autres ennemis que les hommes.
Les hommes quant à eux nourrissaient une haine profonde envers les loups et lorqu'ils se trouvaient face à face, il était rare que tous deux survivent à cette rencontre.
A peine l'enfant des hommes marchait, qu'il avait appris à haïr le loup.
Chaque décennie écoulée, les loups, uniquement les chefs de clan et quelques élus entreprenaient le grand voyage. De toutes les régions du Nord de l'hémisphère, ils convergeaient en un même lieu, une vaste clairière au centre d'une forêt profonde et noire, quelque part dans un pays que l'on appellera plus tard la FRANCE.
Certains venaient de très loin, c'était le grand rassemblement au cours duquel les loups mâles et femelles encore solitaires allaient sceller une nouvelle alliance, ils venaient là trouver le compagnon d'une vie.
Les chefs partageaient leur savoir et les jeunes bâtissaient leur descendance.
Cette année là, LOUPBLANC, chef de clan encore solitaire venait pour y trouver une compagne, chemin faisant il pensait au lourd secret qui était le sien.
Quelques mois plus tôt, au cours d'une chasse, il avait découvert une jeune femme évanouie dans la neige fraîche. Il s'était approché d'elle doucement, avec méfiance comme on lui avait toujours appris, de longues minutes s'étaient écoulées ainsi, quand soudainement la jeune femme bougea, elle entrouvrit les yeux et loin d'être terrifiée par la vue du loup, elle lui sourit. Elle tendit une main et caressa la fourrure de l'animal, celui-ci accueillit cette marque d'affection d'abord avec surprise puis bientôt avec plaisir. Sans savoir qu'il pouvait la comprendre, elle lui expliqua sa peur lorsqu'elle s'était vue égarée dans la forêt, en entendant du bruit, elle s'était mise à courir sans voir une grosse branche qui barrait le chemin, elle avait trébuché lourdement et s'était évanouie. Tout en lui parlant elle n'avait cessé de le caresser. Elle le regarda droit dans les yeux et lui demanda de l'emmener jusqu'au village, seule dit-elle, je ne retrouverai jamais ma route. LOUPBLANC s'exécuta, il la reconduisit jusqu'à l'entrée du village et longtemps il resta là, à la regarder partir, même lorsqu'il ne pouvait plus la voir.
De retour dans la tanière du clan, il comprit qu'il ne serait plus jamais le même, jamais plus il ne verrait les hommes de la même manière. Il se prit même à revenir guetter l'entrée du village dans l'espoir de l'apercevoir. A de nombreux kilomètres de là, une louve et son frère cheminaient au côté d'un chef de clan, ils faisaient eux aussi route vers le grand rassemblement. La louve CALYPSONE venait y faire alliance, elle l'espérait depuis longtemps mais depuis l'été dernier, elle était habitée par la peur, son chemin avait croisé celui d'un gentilhomme blessé, au lieu de le dénoncer à la meute comme il se doit, elle l'avait caché, recouvert de feuilles et de branchages et l'avait nourri jusqu'à ce qu'il puisse se débrouiller seul. L'homme n'avait jamais manifesté la moindre crainte face à la louve, au contraire il aimait à lui parler, à la caresser, il lui faisait des confidences comme il l'aurait fait à un des ses semblables. Il rêvait d'un monde où les hommes et les loups feraient la paix, un monde où la haine de l'autre n'existerai plus. Un soir alors que Calypsone venait le retrouver, il était parti en laissant sur le sol son écharpe, un peu de son odeur qu'elle prit plaisir à renifler.
Souvent, depuis lors, elle venait s'allonger au pied de l'arbre qui avait été le témoin de leur amitié. La clairière sacrée était prête, tous les participants s'étaient rassemblés en plusieurs cercles, au milieu se trouvaient les solitaires, il était de coutume de s'observer et lorsqu'un loup mâle trouvait une louve à sa convenance, il s'avançait au milieu du cercle, puis de là en rampant il se dirigeait vers l'élue. Ce soir sacré, lorsque CALYPSONE aperçu LOUPBLANC, elle reconnut immédiatement le compagnon qui habitait ses rêves, celui qu'elle avait toujours attendu. Aussi, bousculant toutes les règles, elle s'avança vers lui, sans crainte, le regardant au fond de ses prunelles dorées. LOUPBLANC, comme s'il avait toujours su ce qui allait arriver, accepta CALYPSONE comme compagne sans se formaliser de la façon cavalière qu'elle avait utilisée pour arriver à ses fins. La nuit même leur union fût scellée. Le grand sage donna son accord après avoir vérifié qu'ils n'appartenaient pas au même clan et que leurs deux statures s'harmonisaient entre elles.
La louve fit ses adieux au clan qui l'avait vu grandir et se prépara au voyage de retour. Leur périple fût sans histoire. Inconsciemment ou pas, LOUPBLANC construisit leur gîte non loin de l'endroit où il avait découvert la jeune femme l'hiver dernier. Au printemps de l'année qui suivit, CALYPSONE donna naissance à deux louveteaux, un mâle et une femelle. Avant de mettre bât, elle avait avoué à LOUPBLANC le parjure qu'elle avait fait à sa race en cachant et en nourrissant un humain. LOUPBLANC lui avait à son tour confié son secret et depuis lors ils ne formaient plus qu'un. Une nuit, ils furent réveillés par des cris qui les fit sortir de leur tanière, ils aperçurent au loin une fumée épaisse, un incendie embrasait le ciel. Les cris durèrent longtemps et au petit jour une odeur âcre parvint jusqu'à eux. La magie des loups en ces temps là était grande et leur haine des humains encore plus grande, plusieurs clans s'étaient unis pour détruire un village qui avait tué plusieurs des leurs. Ceux qui n'avaient pas péris dans l'incendie, furent dévorés pas les loups. LOUPBLANC rassembla sa compagne et ses petits et décida de s'éloigner à tout jamais de ces contrées barbares, il voulait un monde différent pour sa descendance. Au même moment, un homme et une femme, seuls survivants du massacre fuyaient eux aussi l'horreur de la nuit. La légende dit que la route des loups croisa celle des humains .
Que LOUPBLANC reconnu la jeune femme qu'il avait secouru de même que CALYPSONE reconnu l'homme comme étant celui qu'elle avait caché dans les bois. On dit aussi qu'ils firent chemin ensemble jusqu'à une grande clairière. Uniquement avec leur courage, ils bâtirent un monde nouveau où tous ceux qui vivaient sans haine furent les bienvenus. Les humains comme les loups... " Loup blanc fût à l'origine d'une nouvelle race de loups, plus proche de l'homme et qui bien des années plus tard donnera naissance à cette race de loup civilisé que l'on appellera LE CHIEN "
10:14 Écrit par Grande Ourse dans Légendes | Lien permanent | Commentaires (4) | Envoyer cette note |
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